TJM freelance : comment fixer le bon tarif journalier ?
Le Tarif Journalier Moyen (TJM) est le prix qu'un freelance facture à ses clients pour une journée de travail. Il sert de base à toute négociation commerciale et conditionne directement votre niveau de revenu net en fin d'année.
Beaucoup de freelances débutants commettent la même erreur : aligner leur TJM sur le salaire qu'ils percevaient en tant que salarié. C'est un calcul faux, car le statut indépendant impose des charges, des périodes creuses et des frais professionnels qui n'existent pas en CDI.
Formule de base : (salaire net annuel souhaité × 2) ÷ nombre de jours facturables. Le coefficient × 2 couvre les charges sociales, les congés, les jours non vendus et les frais professionnels.
Combien de jours facturables par an ?
Sur les 365 jours d'une année, un freelance ne facture en réalité que 200 à 220 jours en moyenne. Le reste correspond aux week-ends, jours fériés, congés, formation, prospection commerciale et arrêts maladie.
Concrètement, pour viser un revenu net de 50 000 € par an en micro-entreprise, votre TJM doit se situer autour de 500 € HT minimum. En SASU avec une rémunération en dividendes, ce même objectif se traduit par un TJM proche de 600 € HT pour absorber les cotisations et l'impôt sur les sociétés.
Quels critères influencent votre TJM ?
Le TJM varie fortement selon votre secteur, votre expertise et votre zone géographique. Un développeur web junior facture entre 300 et 400 € HT par jour, un consultant senior en cybersécurité dépasse régulièrement 1 000 € HT.
Plusieurs facteurs entrent en jeu pour ajuster votre tarif : votre niveau d'expérience, la rareté de votre compétence sur le marché, la taille du client (grand compte vs PME) et la complexité de la mission. Les missions longues en régie sont généralement facturées 10 à 20 % moins cher que les interventions ponctuelles au forfait.
Attention au piège du TJM trop bas en début d'activité : il est beaucoup plus difficile d'augmenter ses tarifs auprès d'un client existant que de fixer un tarif juste dès le départ. Une remontée tardive provoque souvent une rupture commerciale.
TJM brut ou TJM net : ne confondez pas
Le TJM affiché sur votre devis est toujours hors taxes (HT). Pour obtenir votre revenu net en main, vous devez retrancher les charges sociales, l'impôt sur le revenu et les frais professionnels selon votre statut.
En micro-entreprise, comptez environ 22 % de charges sociales + impôt sur le revenu (variable selon votre TMI). En portage salarial, la facturation client est amputée d'environ 50 % entre frais de gestion et charges patronales. La SASU offre plus de flexibilité fiscale mais impose une comptabilité rigoureuse.
Nous vous conseillons d'utiliser un simulateur de TJM en ligne (comme ceux de Malt, Crème de la Crème ou Shine) pour comparer le revenu net selon les statuts juridiques. La différence peut atteindre 15 à 20 % à TJM identique, ce qui justifie un audit comptable avant de choisir votre forme juridique.
Comment utiliser ce simulateur ?
Ce simulateur vous aide à obtenir une estimation claire, rapide et directement exploitable. Il s'appuie sur les paramètres essentiels pour fournir un résultat cohérent et mis à jour pour 2026.
- τ : taux de charges du statut
- J : jours facturables / an
Formules complémentaires
- ACRE :
Exonération 50% des cotisations la 1re année - CFE :
Cotisation foncière des entreprises minimum 224€/an
Éléments pris en compte dans le calcul
Pour produire un résultat fiable, le simulateur intègre les variables suivantes :
- Chiffre d'affaires hors taxes
- Type d'activité (vente, prestation BIC, prestation BNC)
- Taux de cotisations sociales applicables
- Cotisation foncière des entreprises (CFE)
- Impôt sur le revenu (barème ou versement libératoire)
- Le versement libératoire fige le taux d'IR mais n'est pas toujours avantageux
- Les seuils de TVA (37 500 € services, 85 000 € ventes) imposent la facturation TVA
- L'ACRE permet une exonération partielle pendant 1 an
Questions fréquentes
Versement libératoire : avantageux ou pas ?+
Avantageux si votre TMI est supérieure au taux libératoire (1%, 1,7% ou 2,2% selon l'activité). À éviter si vous êtes non imposable, car vous payez un impôt qui ne serait pas dû.
Quand dois-je sortir de la micro-entreprise ?+
Dès que vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire (71%, 50% ou 34% selon l'activité). Le régime réel devient alors plus intéressant.
Quel statut choisir quand on démarre ?+
La micro-entreprise est idéale pour démarrer (formalités simples, charges réduites, abattement forfaitaire). Au-delà de 50 à 60 k€ de chiffre d'affaires, l'EURL ou la SASU deviennent plus intéressantes selon votre profil et votre besoin de protection sociale.
Combien de jours dois-je compter ?+
Une année compte 220 jours ouvrés, mais retire 5-7 semaines de congés/maladie/jours fériés et 20-30 jours de prospection/admin/formation. Reste 180-200 jours facturables.