Indemnité congé maternité : calcul et montant 2026
18 août 2026 · 9 min
Votre indemnité journalière vaut 79 % de votre salaire brut journalier, dans la limite de 104,02 € par jour en 2026. À 2 500 € brut, vous touchez 64,93 € par jour, soit 1 948 € par mois. Au-delà de 4 005 € brut, le plafond de la Sécurité sociale bloque le montant et seul votre employeur peut combler l'écart.
La CPAM additionne vos 3 derniers salaires bruts, divise par 91,25 puis retire un taux forfaitaire de 21 % au titre de la CSG et de la CRDS. Le résultat est votre indemnité journalière, versée tous les jours calendaires, week-ends compris, sans délai de carence. Le montant maximal atteint 104,02 € par jour en 2026 et une salariée à 2 500 € brut perçoit 64,93 € : très proche de son salaire net habituel. Nous détaillons le calcul étape par étape, les montants totaux selon le rang de l’enfant, le rôle du complément employeur puis le congé supplémentaire de naissance entré en application au 1er juillet 2026.
Comment se calcule votre indemnité journalière de maternité en 2026 ?
La formule tient en quatre opérations et ne varie pas selon votre convention collective : elle relève du Code de la sécurité sociale. La CPAM part des salaires bruts soumis à cotisations des 3 mois civils qui précèdent votre arrêt, primes incluses. Pour une activité saisonnière ou discontinue, elle retient les 12 derniers mois.
Chacun de ces 3 mois est retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 € en 2026. Ce plafonnement mois par mois a une conséquence pratique souvent ignorée : un treizième mois versé pendant la période de référence gonfle bien la base mais seulement jusqu’au plafond. Pour une salariée à 3 000 €, un treizième mois de 3 000 € porte le mois concerné à 6 000 € et il ne sera retenu qu’à hauteur de 4 005 €.
Les quatre étapes du calcul officiel
L’enchaînement est le suivant : somme des 3 salaires bruts plafonnés, division par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, application de la retenue forfaitaire de 21 %, puis comparaison au plancher et au plafond réglementaires. Le diviseur 91,25 correspond au nombre moyen de jours sur un trimestre, ce qui explique que l’indemnité couvre tous les jours du calendrier.
Le taux de 21 % correspond à la part salariale des cotisations et contributions obligatoires. Il se rapproche du taux de charges qui s’applique sur un bulletin de paie classique et c’est précisément pour cette raison que l’indemnité nette ressemble à votre salaire net. Comparer votre indemnité à votre brut est donc trompeur : la seule comparaison utile se fait avec votre net.
Plancher et plafond : les deux bornes à connaître
Le salaire journalier de base maximal atteint 131,67 € (12 015 € divisés par 91,25). Après la retenue de 21 %, l’indemnité journalière maximale ressort à 104,02 € par jour en 2026. À l’autre extrémité, elle ne peut pas descendre sous 11,12 € par jour, un plancher qui protège les temps partiels très courts et les activités réduites.
Attention à une divergence entre sources : plusieurs sites spécialisés paie annoncent un plancher de 11,02 €. Service-public et le Code du travail numérique retiennent 11,12 € pour 2026, valeur que nous avons reprise ici.
| Paramètre 2026 | Valeur | Effet sur le calcul |
|---|---|---|
| Plafond mensuel Sécurité sociale (PMSS) | 4 005 € | Chaque mois de salaire est écrêté à ce niveau |
| Diviseur | 91,25 | Convertit 3 mois de salaire en salaire journalier |
| Retenue forfaitaire CSG / CRDS | 21 % | L’indemnité vaut 79 % du salaire journalier de base |
| Salaire journalier de base maximal | 131,67 € | 12 015 € / 91,25 |
| Indemnité journalière maximale | 104,02 € | 131,67 € x 0,79 |
| Indemnité journalière minimale | 11,12 € | Plancher réglementaire |
| Délai de carence | Aucun | Versement dès le 1er jour de congé |
Si vous étiez en arrêt maladie juste avant votre congé maternité, la CPAM ne retient pas les mois d'arrêt : elle remonte aux 3 derniers mois réellement travaillés. Vérifiez ce point sur votre attestation de salaire car une erreur de période fait chuter la base de calcul.
Deux exemples chiffrés : 2 500 € brut puis un salaire au-dessus du plafond
Les deux cas suivants couvrent les situations qui changent tout : sous le plafond, où l’indemnité suit votre salaire et au-dessus, où elle décroche. Le premier cas est déroulé ligne par ligne.
Camille attend son premier enfant. Elle perçoit 2 500 € brut par mois, sans prime et son congé démarre le 1er septembre.
- Somme des 3 derniers salaires bruts : 2 500 x 3 = 7 500 €
- Plafonnement : chaque mois reste sous 4 005 €, aucun écrêtement
- Salaire journalier de base : 7 500 / 91,25 = 82,19 €
- Retenue forfaitaire de 21 % : 82,19 x 0,79 = 64,93 € par jour
- Contrôle plancher et plafond : compris entre 11,12 € et 104,02 €, montant validé
- Sur un mois de 30 jours : 64,93 x 30 = 1 947,90 €
- Sur les 16 semaines de congé, soit 112 jours : 64,93 x 112 = 7 272 €
Plusieurs guides très bien positionnés sur cette requête s'arrêtent à l'étape 3 et oublient la retenue de 21 %. L'un d'eux annonce, pour ce même profil à 2 500 €, 82,19 € par jour et 9 205 € sur le congé. Le montant réel est de 64,93 € par jour et 7 272 €, soit 1 933 € d'écart. La FAQ de cette même page indique pourtant « environ 65 € par jour » : elle se contredit. Ne construisez jamais votre budget sur le salaire journalier de base.
Inès attend son premier enfant avec un salaire de 4 800 € brut. Ses 3 salaires totalisent 14 400 € mais chaque mois est écrêté à 4 005 €, ce qui ramène la base à 12 015 €. Son salaire journalier de base plafonne donc à 131,67 € et son indemnité à 104,02 € par jour, soit 3 120,60 € sur un mois de 30 jours.
Sans ce plafonnement, son indemnité aurait atteint 124,67 € par jour. Le plafond de la Sécurité sociale lui coûte 20,65 € par jour, soit 2 313 € sur ses 16 semaines de congé. Son net habituel tournant autour de 3 744 €, elle perd environ 623 € par mois si sa convention collective ne prévoit aucun complément.
Quel pourcentage de votre salaire net allez-vous conserver ?
C’est la question qui compte vraiment et aucune des pages qui dominent cette requête n’y répond avec des chiffres. Le tableau ci-dessous compare l’indemnité mensuelle à une estimation du net avant impôt, calculée à 78 % du brut pour un non-cadre.
| Salaire brut mensuel | Indemnité / jour | Indemnité / mois (30 j) | Net avant impôt estimé | Taux de remplacement |
|---|---|---|---|---|
| 1 800 € | 46,75 € | 1 402,50 € | 1 404 € | 100 % |
| 2 500 € | 64,93 € | 1 947,90 € | 1 950 € | 100 % |
| 3 500 € | 90,90 € | 2 727,00 € | 2 730 € | 100 % |
| 4 005 € | 104,02 € | 3 120,60 € | 3 124 € | 100 % |
| 5 000 € | 104,02 € | 3 120,60 € | 3 900 € | 80 % |
| 6 000 € | 104,02 € | 3 120,60 € | 4 680 € | 67 % |
La lecture est nette : jusqu’à 4 005 € brut, votre indemnité reproduit presque exactement votre salaire net. Au-delà, chaque euro supplémentaire de salaire n’est plus compensé du tout et le taux de remplacement s’effondre mécaniquement. À 6 000 € brut, vous ne conservez que deux tiers de votre net.
Le point de bascule se situe à 4 005 € brut mensuels. En dessous, votre budget congé maternité est quasiment celui d'un mois normal. Au-dessus, chiffrez votre perte avant l'accouchement puis vérifiez votre convention collective : c'est le seul levier qui existe.
Combien touchez-vous au total selon le rang de l’enfant ?
La durée du congé dépend du nombre d’enfants déjà à charge et du nombre d’enfants attendus. Le rang se détermine au début du congé prénatal, en retenant les enfants vivant au foyer, ce qui inclut les enfants du conjoint en garde alternée. Le point de départ dépend de votre date présumée d’accouchement, que vous pouvez estimer avec notre simulateur de date d’accouchement.
Multiplier l’indemnité journalière par le nombre de jours donne le montant réellement perçu sur l’ensemble du congé. Les deux dernières colonnes chiffrent ce total pour le profil à 2 500 € brut puis pour une salariée au plafond.
| Situation | Prénatal | Postnatal | Total | Jours | Total à 2 500 € brut | Total au plafond |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant | 6 sem. | 10 sem. | 16 sem. | 112 | 7 272 € | 11 650 € |
| 3e enfant et plus | 8 sem. | 18 sem. | 26 sem. | 182 | 11 817 € | 18 932 € |
| Jumeaux | 12 sem. | 22 sem. | 34 sem. | 238 | 15 453 € | 24 757 € |
| Triplés et plus | 24 sem. | 22 sem. | 46 sem. | 322 | 20 907 € | 33 494 € |
Ces durées sont des droits, pas des obligations, à une exception près : une période incompressible de 8 semaines dont 6 après l’accouchement doit être respectée. Vous pouvez aussi reporter jusqu’à 3 semaines de prénatal vers le postnatal sur avis médical ou avancer votre prénatal de 2 semaines à partir du 3e enfant. Le total reste inchangé dans les deux cas, donc le montant perçu également.
Le complément de votre employeur : le seul levier au-dessus de 4 005 €
Par défaut, votre employeur ne vous verse rien pendant le congé maternité : votre contrat est suspendu et c’est la CPAM qui paie. Beaucoup de conventions collectives et d’accords d’entreprise prévoient toutefois un maintien de salaire, total ou partiel, pendant tout ou partie du congé. Ce complément de salaire comble alors l’écart entre votre indemnité et votre rémunération habituelle.
Pour Inès, ce complément représente environ 623 € par mois, soit près de 2 300 € sur son congé. Nous vous conseillons de demander à votre service RH l’article exact de votre convention collective plusieurs mois avant votre départ car certains textes conditionnent le maintien à une ancienneté minimale.
La subrogation est un mécanisme distinct qu’il convient de ne pas confondre avec le complément. Votre employeur continue de vous verser votre salaire et perçoit les indemnités de la CPAM à votre place. Votre bulletin de paie ne change pas et vous évitez les décalages de trésorerie liés au rythme de versement de la caisse, qui intervient en moyenne tous les 14 jours.
Congé supplémentaire de naissance : ce qui change depuis le 1er juillet 2026
Voici l’élément que la plupart des articles en ligne n’ont pas encore intégré. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance est pleinement applicable depuis le 1er juillet 2026, après la publication de cinq décrets le 31 mai 2026. Plusieurs pages bien classées affirment encore qu’il n’est pas mobilisable faute de textes.
Le dispositif ouvre 1 à 2 mois de congé indemnisé à chaque parent, en plus du congé maternité. Il s’agit d’un droit individuel non transférable, fractionnable en 2 périodes d’un mois, qui ne peut démarrer qu’après l’expiration de votre congé maternité et dans un délai de 9 mois suivant la naissance. L’indemnisation est dégressive : 70 % du salaire plafonné le premier mois puis 60 % le second, sur une base de 3 mois de salaire écrêtée au même plafond de 4 005 €.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le congé doit débuter avant le 1er avril 2027. Le délai de prévenance auprès de l'employeur est d'un mois, ramené à 15 jours si le congé suit immédiatement un congé de paternité. La demande se fait par lettre recommandée ou remise en main propre.
Ce congé ne se cumule ni avec les allocations chômage, ni avec la PreParE, ni avec l’allocation journalière de présence parentale. Le cumul avec le complément de libre choix du mode de garde a été autorisé à titre exceptionnel pour les enfants nés au premier semestre 2026.
Quelles conditions pour ouvrir vos droits aux IJ maternité ?
Le congé maternité est un droit sans condition d’ancienneté. L’indemnisation, elle, suppose de justifier de 6 mois d’affiliation à la Sécurité sociale à la date prévue de l’accouchement, en tant qu’assurée exerçant une activité professionnelle.
Une deuxième condition s’ajoute, au choix : 150 heures travaillées sur les 3 mois précédents ou 600 heures sur l’année en cas de CDD, d’intérim ou d’activité discontinue ou encore des cotisations assises sur 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois. Avec un SMIC horaire porté à 12,31 € au 1er juillet 2026, ce dernier seuil représente 12 494,65 €, contre 24 989,30 € pour la variante à 2 030 fois le SMIC sur 12 mois.
Deux sources largement diffusées annoncent une condition de 10 mois d'affiliation. Cette durée est obsolète : ameli et service-public retiennent 6 mois. Si une caisse vous oppose 10 mois, demandez le fondement réglementaire de sa réponse.
Vous n’avez aucune démarche à accomplir pour déclencher le versement : c’est votre employeur qui transmet l’attestation de salaire dès le début du congé prénatal. Sans ce document, aucun paiement n’intervient, donc vérifiez auprès de lui qu’il l’a bien envoyé. Déclarez aussi votre grossesse à la CPAM et à la CAF avant la fin de la 14e semaine.
Congé pathologique : attention à la chute d’indemnisation après l’accouchement
Deux congés pathologiques existent et ils ne sont pas indemnisés de la même façon. Le congé pathologique prénatal, de 14 jours calendaires maximum, est pris en charge au titre de la maternité : vous conservez votre indemnité habituelle, sans carence.
Le congé pathologique postnatal de 4 semaines relève au contraire de l’assurance maladie. L’indemnité tombe à 50 % du salaire journalier de base et un délai de carence de 3 jours s’applique. Pour Camille, elle passe de 64,93 € à 41,10 € par jour, soit une baisse de 37 %. Anticipez cette différence dans votre budget si votre médecin évoque cette prolongation.
Bonne nouvelle sur un autre plan : toute la durée du congé maternité compte comme du temps de travail effectif. Votre ancienneté progresse, chaque période indemnisée de 90 jours valide un trimestre de retraite et vos jours de repos annuels continuent de s’acquérir normalement.
Questions fréquentes
Comment calculer soi-même son indemnité de congé maternité ?
Additionnez vos 3 derniers salaires bruts en écrêtant chaque mois à 4 005 €, divisez le total par 91,25 puis multipliez par 0,79. Vérifiez que le résultat se situe entre 11,12 € et 104,02 €. Multipliez ensuite par le nombre de jours de votre congé, 112 jours pour 16 semaines.
Quel est le montant maximum des IJ maternité en 2026 ?
104,02 € par jour, après la déduction forfaitaire de 21 %. Ce plafond correspond à un salaire brut mensuel de 4 005 € ou plus. Sur un mois de 30 jours, cela représente 3 120,60 €.
Le congé maternité est-il payé à 100 % du salaire ?
Pas du brut mais quasiment du net jusqu’à 4 005 € brut mensuels car la retenue de 21 % est proche des cotisations salariales d’un bulletin classique. Au-delà de ce seuil, le taux de remplacement diminue : 80 % du net à 5 000 € brut, 67 % à 6 000 €. Un maintien de salaire conventionnel peut ramener le total à 100 %.
Combien touche une salariée au SMIC pendant son congé maternité ?
Avec un SMIC mensuel de 1 867,06 € au 1er juillet 2026, le salaire journalier de base atteint 61,38 € et l’indemnité 48,49 € par jour, soit environ 1 455 € par mois. Le montant reste très supérieur au plancher de 11,12 €.
Quand et comment sont versées les indemnités journalières ?
Le versement démarre dès le premier jour du congé, sans carence et couvre tous les jours de la semaine, y compris samedis, dimanches et jours fériés. La CPAM paie ensuite en moyenne tous les 14 jours. En cas de subrogation, les indemnités sont versées à votre employeur qui maintient votre salaire.
Les IJ maternité sont-elles imposables ?
Oui, elles sont soumises à l’impôt sur le revenu comme un salaire, en plus de la CSG et de la CRDS déjà prélevées à hauteur de 21 %. Conservez vos relevés de paiement sans limitation de durée : ils justifient vos droits à la retraite.
Puis-je écourter mon congé maternité pour reprendre plus tôt ?
Vous pouvez renoncer à une partie de vos semaines, à condition de respecter 8 semaines d’arrêt dont 6 après l’accouchement. Votre employeur n’a pas le droit de vous faire travailler pendant cette période, sous peine d’une contravention de 5e classe.
Pour aller plus loin
Estimez votre indemnité journalière, votre montant mensuel puis le total perçu sur l’ensemble de votre congé avec notre simulateur de congé maternité.
- Comparer votre indemnité à votre rémunération habituelle avec le simulateur salaire brut net
- Calculer les jours acquis pendant votre absence avec le simulateur de congés payés