Simulons.fr

Taux de crédit immobilier : faut-il acheter en 2026 ?

19 juin 2026 · 9 min

À retenir : en juin 2026 les taux moyens tournent autour de 3,25 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans. La BCE a relevé ses taux le 11 juin, première hausse depuis 2023 : le scénario d'une forte baisse s'éloigne. Acheter reste pertinent si vous négociez : l'écart entre banques dépasse souvent 9 000 € sur un crédit de 250 000 €.

Acheter en 2026 reste un projet tenable : les taux remontent de façon modérée et la fenêtre d’attente se referme. Après la première hausse de la BCE depuis 2023, intervenue le 11 juin, l’espoir d’une chute rapide des taux a vécu. Nous faisons le point sur les niveaux réels du moment, sur ce qui les fait bouger, sur l’intérêt d’attendre ou non, puis sur les leviers concrets pour décrocher la meilleure offre. Commençons par les chiffres.

Où en sont vraiment les taux en juin 2026 ?

Les taux ont remonté mais ils restent loin des sommets redoutés. Les courtiers relèvent en juin 2026 des moyennes proches de 3,25 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans. Les meilleurs dossiers obtiennent encore mieux : autour de 3,01 % sur 15 ans, 3,15 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans, surtout en Île-de-France où certains profils passent même sous les 3 %.

Ces moyennes cachent de fortes disparités selon votre apport, vos revenus et la durée choisie. Pour situer votre projet, voici les niveaux du moment.

DuréeTaux moyen (juin 2026)Meilleurs profils
15 ans3,25 %3,01 %
20 ans3,40 %3,15 %
25 ans3,50 %3,25 %

Sources : observatoires des courtiers (Cafpi, Pretto, Crédit Logement), juin 2026. Taux nominaux hors assurance.

Certaines banques restent offensives sur les bons profils. Le LCL a lancé une vente flash jusqu’au 27 juin, avec un financement amortissable à 1,99 % réservé aux primo-accédants, au neuf (RT 2012 ou RE 2020) et aux logements anciens classés A, B ou C au DPE. Ce type d’offre confirme une règle simple : le taux affiché par votre banque n’est jamais le seul taux possible.

Attention : les chiffres ci-dessus sont des moyennes de marché. Votre taux réel dépend de votre dossier. Testez votre cas plutôt que de vous fier au taux d'une publicité.

Pourquoi les taux ne baissent plus

Le mouvement de baisse amorcé en 2024 s’est inversé. La BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point le 11 juin 2026 : son taux de dépôt passe de 2,00 % à 2,25 %. Cette décision rompt près d’un an de stabilité et répond au retour de l’inflation en zone euro, à 3,2 % en mai sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.

Les marchés obligataires ont accusé le coup. L’OAT 10 ans, qui sert de référence aux banques pour fixer leurs barèmes, a brièvement dépassé 4 % le 20 mai, du jamais-vu depuis 2009, avant de refluer autour de 3,61 % en fin de mois. Les banques ne répercutent pas mécaniquement chaque décision : l’ajustement se fait avec un décalage de plusieurs semaines et certaines absorbent la hausse pour rester compétitives.

Le marché, lui, continue de se redresser. La production de crédit immobilier affiche une hausse d’environ 10 % sur un an selon Meilleurtaux. Autrement dit, les banques prêtent à nouveau et se battent pour les bons dossiers.

Faut-il attendre une baisse pour acheter ?

Attendre une forte baisse en 2026 revient à parier contre la BCE. Les experts du marché sont clairs : Ludovic Laborde, cofondateur d’Eloa, prévient que les futurs emprunteurs ne doivent pas miser sur une chute massive des taux, tandis que Meilleurtaux n’anticipe ni hausse brutale ni forte baisse d’ici la rentrée. Le plus probable d’ici fin 2026 reste une stabilité, voire une nouvelle micro-hausse.

Le vrai risque de l’attente est ailleurs. Si vous patientez six mois et que les taux gagnent 0,25 point pendant que les prix repartent, le bénéfice espéré disparaît. Sur notre cas d’un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, un taux qui passe de 3,40 % à 3,65 % coûte déjà près de 7 800 € de plus sur la durée. Ajoutez une hausse de prix de 2 à 3 % sur le bien convoité et l’addition s’alourdit encore.

Le bon moment n'est pas un taux planché hypothétique : c'est le moment où votre dossier est solide et où le bien vous convient. Un crédit se renégocie plus tard si les taux baissent. Un bien acheté trop cher après une remontée des prix ne se rattrape pas.

Comment négocier votre taux en 2026 ?

C’est ici que tout se joue. À conjoncture égale, deux emprunteurs au même profil peuvent obtenir des conditions très différentes selon leur capacité à négocier. Sur un crédit de 250 000 €, l’écart entre un bon taux et un taux subi se compte en dizaines de milliers d’euros.

Le tableau ci-dessous illustre l’enjeu sur notre cas fil rouge : 250 000 € empruntés sur 20 ans, hors assurance.

ScénarioTauxMensualitéCoût total des intérêts
Meilleur profil3,15 %1 405 €87 200 €
Taux moyen3,40 %1 437 €94 900 €
Taux subi (+0,25 pt)3,65 %1 469 €102 700 €

Calcul Simulons.fr, juin 2026. Hors assurance emprunteur.

Entre le meilleur profil et le taux subi, l’écart atteint 15 500 € sur la durée pour la même somme empruntée. Quatre leviers permettent de basculer du second vers le premier.

Mettre les banques en concurrence

C’est le levier le plus rentable et le plus négligé. L’écart de barème entre deux établissements dépasse couramment 0,30 point sur un même dossier, soit plus de 9 000 € sur notre crédit de 250 000 €. Dans les cas extrêmes, il approche un point entier. Présentez votre dossier à au moins trois banques ou faites jouer la concurrence via un courtier avant de signer quoi que ce soit.

Déléguer l’assurance emprunteur

L’assurance pèse lourd dans le coût total. La loi Lemoine vous autorise à en changer à tout moment. Une délégation d’assurance peut retirer 0,10 à 0,40 point de TAEG par rapport au contrat groupe de la banque, avec une économie de 30 à 50 % sur le coût de la couverture pour les profils jeunes et en bonne santé. C’est souvent là que se cache le gain oublié.

Renforcer votre apport

L’apport rassure la banque et améliore mécaniquement votre taux. En 2026, l’apport moyen atteint 79 000 € pour un capital emprunté moyen de 264 141 €, soit environ 23 % du prix du bien. Plus votre apport est élevé, plus vous empruntez court ou à taux réduit. Pour situer votre projet, notre simulateur de capacité d’emprunt chiffre le montant accessible selon votre apport et vos revenus.

Jouer la carte du DPE

Le diagnostic de performance énergétique devient un argument de financement. Les offres les plus agressives, comme la vente flash LCL à 1,99 %, ciblent les biens bien classés (A, B ou C). Un logement performant rassure la banque sur la valeur future du bien et sur l’absence de travaux imposés. À l’inverse, une passoire thermique ferme l’accès à ces taux promotionnels.

Acheter ou louer : comment trancher ?

La vraie question n’est pas seulement le taux, c’est le seuil de rentabilité de votre achat face à la location. Acheter devient gagnant à partir du moment où vous restez assez longtemps dans le bien pour amortir les frais d’entrée (frais de notaire, intérêts des premières années, garantie). En dessous de cette durée, louer reste souvent plus judicieux.

Ce point de bascule dépend du prix, du loyer équivalent, de votre apport et du taux obtenu. Plutôt qu’une règle générale, nous vous conseillons de chiffrer votre situation précise : notre simulateur acheter ou louer calcule le break-even, c’est-à-dire le nombre d’années à partir duquel l’achat devient plus rentable que la location.

FAQ

Quel est le taux immobilier sur 20 ans en juin 2026 ?

Le taux moyen sur 20 ans s’établit autour de 3,40 % en juin 2026, dans une fourchette de 3,34 % à 3,47 % selon les courtiers. Les meilleurs dossiers obtiennent près de 3,15 % et certains profils franciliens descendent encore plus bas.

Les taux de crédit immobilier vont-ils baisser en 2026 ?

Une forte baisse est peu probable à court terme. Après la hausse de la BCE du 11 juin, les professionnels anticipent une stabilité, voire une légère remontée, d’ici la rentrée. Le scénario d’un retour rapide sous les 3 % n’est plus d’actualité.

Comment négocier son taux de crédit immobilier ?

Trois leviers dominent : mettre au moins trois banques en concurrence, déléguer votre assurance emprunteur grâce à la loi Lemoine et renforcer votre apport. À eux seuls, ces leviers peuvent représenter plus de 15 000 € d’économies sur un crédit de 250 000 €.

Faut-il acheter maintenant ou attendre ?

Si votre dossier est solide et que le bien vous convient, acheter maintenant est judicieux. Attendre une baisse de taux fait courir le risque d’une remontée des prix qui annule le gain espéré. Un crédit se renégocie plus tard, un prix d’achat ne se rattrape pas.

Quel apport faut-il pour emprunter en 2026 ?

Aucun minimum légal n’existe mais l’apport moyen tourne autour de 23 % du prix, soit environ 79 000 € pour un capital de 264 141 €. Un apport couvrant les frais de notaire et de garantie (8 à 10 %) reste le seuil attendu par la plupart des banques.

La hausse de la BCE va-t-elle faire monter mon crédit ?

Sur un prêt à taux fixe déjà signé, non : votre mensualité ne bouge pas. Pour un nouveau crédit, la hausse du 11 juin se diffuse progressivement dans les barèmes. L’impact reste toutefois limité car certaines banques l’absorbent pour rester compétitives.

Pour aller plus loin

Le meilleur réflexe avant de vous décider reste de chiffrer votre projet. Estimez votre mensualité et le coût total avec notre simulateur de crédit immobilier pour comparer plusieurs taux sur votre montant réel.