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Impôt crypto 2026 : flat tax 31,4 % ou barème progressif

18 août 2026 · 8 min

Vos plus-values crypto sont taxées à 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse s'applique aussi aux ventes de 2025. Le barème progressif reste plus intéressant jusqu'à la tranche à 11 %. Rien n'est dû tant que vous ne sortez pas vers l'euro.

Une plus-value réalisée sur des crypto-actifs subit 31,4 % en 2026, contre 30 % l’an dernier. La hausse vient des prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % avec la loi de financement de la Sécurité sociale du 30 décembre 2025. Vous gardez la possibilité de refuser ce prélèvement forfaitaire pour passer au barème de l’impôt sur le revenu. Reste à savoir quand l’impôt se déclenche, comment se calcule la plus-value imposable et laquelle des deux options vous coûte le moins cher.

Quel taux s’applique à vos plus-values crypto en 2026 ?

Le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique, la fameuse flat tax à 31,4 %. Il se décompose en 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux, dont 10,6 % de CSG depuis le 1er janvier 2026. Ce taux frappe la plus-value nette annuelle, jamais le montant total de la vente.

La nuance que presque personne ne relève tient à la date d’entrée en vigueur. L’article 12 de la loi du 30 décembre 2025 distingue les produits de placement, concernés à compter du 1er janvier 2026, des revenus du patrimoine, concernés dès l’imposition des revenus de l’année 2025. Les plus-values sur actifs numériques relèvent de la seconde catégorie : une vente réalisée en mars 2025 a donc été imposée à 31,4 % au printemps dernier, alors qu’un dividende encaissé le même jour restait à 30 %.

Une cession réalisée en 2025 comme une cession réalisée en 2026 supportent le même taux de 31,4 %. Si vous avez calculé votre impôt sur la base de 30 %, l'écart réel est de 14 € pour 1 000 € de plus-value.

Bonne nouvelle en revanche du côté de la détention : le projet d’impôt sur la fortune improductive, voté à l’Assemblée le 31 octobre 2025 et qui aurait fait entrer les crypto-actifs dans l’assiette de l’IFI, n’a pas été retenu dans le texte définitif de la loi de finances pour 2026. Détenir un portefeuille, quelle que soit sa valeur, ne génère toujours aucun impôt annuel.

Quelles opérations déclenchent l’impôt et lesquelles restent neutres ?

Le fait générateur est la sortie vers autre chose qu’un crypto-actif. Tant que vos capitaux tournent à l’intérieur de l’écosystème, l’article 150 VH bis du code général des impôts accorde un sursis d’imposition aux échanges sans soulte. Le jour où vous convertissez en euros ou payez un bien, l’addition tombe sur l’ensemble du chemin parcouru depuis l’achat initial.

Le cas des stablecoins revient sans cesse dans les questions de lecteurs. Un jeton indexé sur le dollar reste un actif numérique au sens fiscal, pas une monnaie ayant cours légal : passer de l’ether à l’USDC relève donc du sursis, position confirmée par la réponse ministérielle Labaronne du 18 janvier 2022 et par le rapport du Conseil d’État sur la fiscalité des crypto-actifs.

OpérationTraitement fiscal
Vente contre euros ou dollarsCession imposable
Paiement d’un bien ou d’un service en cryptoCession imposable
Retrait par carte crypto adossée à un compteCession imposable à chaque dépense
Échange crypto contre crypto sans soulteSursis d’imposition
Conversion en stablecoin (USDT, USDC)Sursis d’imposition
Transfert entre vos propres portefeuillesNeutre
Achat de crypto avec des eurosNeutre
Donation à un prochePas de plus-value, droits de donation éventuels

La carte de paiement adossée à un compte crypto transforme chaque passage en caisse en cession imposable. Trois courses par semaine, ce sont plus de 150 lignes à reporter sur votre annexe 2086 en fin d'année.

Comment calculer votre plus-value avec la méthode du portefeuille global ?

La France applique une règle unique au monde : la plus-value ne se calcule pas ligne par ligne mais au prorata du portefeuille global. La formule légale est la suivante : prix de cession moins le produit du prix total d’acquisition par le rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille avant la vente. Autrement dit, vous êtes imposé sur la fraction de gain correspondant à la part de patrimoine que vous sortez.

Attention à la version tronquée qui circule sur plusieurs guides de plateformes, où le prix total d’acquisition est remplacé par la valeur du portefeuille. Le résultat est faux dès que le portefeuille est en plus-value latente. Voici le déroulé complet sur un cas réel.

Marc a investi 12 000 € au total : 8 000 € en bitcoin en 2024, puis 4 000 € en ether en 2025. En mars 2026, son portefeuille vaut 30 000 € et il rapatrie 9 000 € sur son compte bancaire.

  • Prix de cession : 9 000 €
  • Prix total d’acquisition du portefeuille : 12 000 €
  • Valeur globale du portefeuille avant la vente : 30 000 €
  • Quotient de cession : 9 000 / 30 000 = 0,30
  • Capital initial contenu dans la vente : 12 000 x 0,30 = 3 600 €
  • Plus-value imposable : 9 000 − 3 600 = 5 400 €
  • Impôt : 5 400 x 31,4 % = 1 695,60 €, soit 691,20 € d’impôt sur le revenu et 1 004,40 € de prélèvements sociaux

Le détail que les concurrents oublient arrive juste après. Pour sa prochaine vente, Marc ne repart pas de 12 000 € : le texte impose de retrancher la fraction de capital initial déjà consommée, soit 3 600 €. Son prix total d’acquisition tombe à 8 400 €. Sauter cette étape revient à déduire deux fois la même mise et à sous-déclarer ses gains futurs.

Le seuil de 305 € porte sur la somme des prix de cession de l'année, pas sur la plus-value. Vendre pour 4 000 € en dégageant 200 € de gain ne vous exonère de rien : le seuil est franchi dès le premier euro au-delà de 305 € de ventes cumulées.

Flat tax ou barème progressif : lequel vous coûte le moins cher ?

Depuis les cessions de 2023, vous pouvez renoncer au taux forfaitaire de 12,8 % pour soumettre vos gains au barème progressif. Les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas : seule la couche impôt sur le revenu change. Le calcul semble évident, il ne l’est pas tout à fait : l’option ouvre droit à la déduction de 6,8 % de CSG sur le revenu global de l’année suivante.

Ce détail déplace légèrement le curseur. À la tranche à 11 %, le coût affiché de 29,6 % descend en réalité sous 29 % une fois la CSG déductible imputée. Le tableau ci-dessous compare les deux régimes selon votre tranche marginale.

Tranche marginaleCoût affiché au barèmeCoût réel après CSG déductibleVerdict face aux 31,4 %
0 %18,6 %18,6 %Barème
11 %29,6 %28,85 %Barème
30 %48,6 %46,56 %Flat tax
41 %59,6 %56,81 %Flat tax
45 %63,6 %60,54 %Flat tax

Julie affiche 6 000 € de plus-value nette et une tranche marginale à 11 %. En flat tax, elle règle 6 000 x 31,4 % = 1 884 €. Au barème, elle paie 1 116 € de prélèvements sociaux plus 660 € d’impôt, soit 1 776 €, puis récupère l’année suivante 408 € de CSG déductible qui allègent son revenu imposable de 44,88 €. Coût final voisin de 1 731 €, donc 153 € de moins qu’avec la flat tax.

Un point technique décide parfois de plusieurs milliers d’euros : l’option crypto est indépendante de celle qui vise les revenus de capitaux mobiliers. La case 3CN concerne les seuls actifs numériques, la case 2OP les dividendes, intérêts et plus-values de titres. Vous pouvez cocher l’une sans l’autre, ce qui ouvre quatre combinaisons à tester dans le simulateur officiel avant de valider :

  • ni 2OP ni 3CN : flat tax sur tout
  • 3CN seule : barème sur les cryptos, flat tax sur les revenus bancaires
  • 2OP seule : barème sur les revenus bancaires, flat tax sur les cryptos
  • 2OP et 3CN : barème sur l’ensemble

Le montant porté en case 3AN gonfle votre revenu fiscal de référence. Une belle année de plus-values peut donc vous faire perdre une exonération de taxe foncière ou un plafond d'aide calculé sur ce revenu.

Minage, staking, airdrops : les gains qui échappent au régime des plus-values

Tout ce que vous recevez sans l’avoir acheté sort du régime de l’article 150 VH bis. Les revenus de minage relèvent des bénéfices non commerciaux et deviennent imposables dès la réception, pour leur contrevaleur en euros au jour où les jetons arrivent sur votre portefeuille. Le régime micro-BNC applique un abattement de 34 % tant que les recettes annuelles restent sous 77 700 €.

Le staking et le lending suivent la même logique dans la pratique majoritaire des cabinets, sans que l’administration ait publié de doctrine ferme sur le sujet. Prudence donc : nous vous conseillons de déclarer ces récompenses en BNC à la réception, puis de retenir cette valeur comme prix d’acquisition lors de la revente. À défaut, le fisc considérera les jetons comme acquis à titre gratuit et la plus-value se calculera sur un prix d’acquisition nul.

Les airdrops se traitent au cas par cas : une distribution reçue passivement, sans contrepartie ni démarche de votre part, n’est en général imposée qu’à la revente. Un airdrop obtenu en accomplissant des tâches ou en fournissant de la liquidité ressemble davantage à une rémunération et bascule côté BNC.

Quels formulaires remplir et à quelles dates ?

Trois documents composent une déclaration crypto complète. Le formulaire 2086 détaille chaque cession imposable de l’année, avec sa date, son prix de cession, son prix d’acquisition et la valeur globale du portefeuille au moment de l’opération. Le report se fait automatiquement en case 3AN de la 2042-C en cas de gain, en 3BN en cas de perte, la case 3CN servant à opter pour le barème.

Le troisième document est le 3916-bis, qui recense les comptes ouverts sur des plateformes établies hors de France. Il reste obligatoire même si vous n’avez rien vendu. L’oubli coûte 750 € par compte, montant porté à 1 500 € lorsque la valeur du compte a dépassé 50 000 € à un moment quelconque de l’année, dans la limite de 10 000 € par déclaration. Les portefeuilles auto-hébergés dont vous détenez les clés, type Ledger ou MetaMask, restent hors champ.

Le calendrier a changé de dimension avec la directive DAC8, applicable depuis le 1er janvier 2026 : les prestataires de services sur crypto-actifs transmettront dès 2027 l’historique de vos transactions à l’administration. Vos gains de 2026 se déclarent au printemps 2027, à une date qui suivra le découpage habituel par zone de départements, avec cette fois un contrôle croisé automatisé en face.

Questions fréquentes

Voici les interrogations qui reviennent le plus souvent sur la fiscalité des crypto-actifs.

Faut-il déclarer ses cryptos si l’on n’a rien vendu ?

Oui pour les comptes, non pour les gains. Aucune plus-value n’est imposable sans cession. En revanche, chaque compte détenu sur une plateforme étrangère doit figurer sur le formulaire 3916-bis, y compris s’il est vide ou clos dans l’année.

L’échange d’une crypto contre une autre est-il taxé ?

Non, tant qu’il n’y a pas de soulte. L’échange bénéficie d’un sursis d’imposition et la plus-value latente sera calculée plus tard, à partir du prix d’acquisition de la crypto d’origine.

Comment calculer sa plus-value bitcoin en cas de vente partielle ?

Appliquez la formule du portefeuille global : prix de cession moins prix total d’acquisition multiplié par le rapport entre le prix de cession et la valeur totale du portefeuille au moment de la vente. Vous n’êtes imposé que sur la fraction de gain effectivement sortie.

Peut-on reporter une moins-value crypto sur les années suivantes ?

Non. Les moins-values sur actifs numériques s’imputent uniquement sur les plus-values de même nature réalisées la même année. Une perte nette annuelle est perdue et ne se reporte ni sur l’année suivante ni sur des plus-values de titres.

La flat tax crypto à 31,4 % s’applique-t-elle aux ventes de 2025 ?

Oui. Les plus-values sur actifs numériques comptent parmi les revenus du patrimoine, catégorie visée par la hausse de CSG dès l’imposition des revenus de 2025. Les dividendes et intérêts, classés en produits de placement, ne basculent qu’à compter du 1er janvier 2026.

Que risque-t-on à ne pas déclarer ses plus-values crypto ?

Le rappel d’impôt s’accompagne d’intérêts de retard de 0,20 % par mois et d’une majoration allant de 10 % à 80 % selon la gravité du manquement. La régularisation spontanée, avant tout contrôle, réduit fortement la note.

Pour aller plus loin

Testez vos chiffres dans notre simulateur de fiscalité crypto pour obtenir votre plus-value imposable et votre impôt dans les deux régimes.