Calcul plus-value mobilière 2026 : flat tax ou barème
18 août 2026 · 9 min
Une plus-value sur actions est taxée par défaut à 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif via la case 2OP, ce qui devient gagnant si votre tranche marginale est basse ou si vos titres ont été achetés avant 2018. L'abattement pour durée de détention ne réduit jamais les prélèvements sociaux.
Vous vendez des actions avec un gain : l’impôt se calcule sur la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, après compensation avec vos moins-values de l’année. Le taux appliqué automatiquement est de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, contre 30 % auparavant. Nous vous montrons comment obtenir ce chiffre étape par étape, quand l’option pour le barème vous fait économiser plusieurs milliers d’euros et pourquoi les gros cédants ne peuvent plus s’arrêter au taux de 12,8 %.
Commençons par la base de calcul, celle que votre banque vous transmet mais que vous devez savoir vérifier.
Comment se calcule une plus-value mobilière imposable ?
La formule tient en une ligne : prix de cession moins prix d’acquisition. Le prix de cession s’entend net des frais supportés lors de la vente (courtage, commissions), le prix de revient intègre les frais d’achat. Sur un compte-titres classique, votre établissement calcule tout et vous remet un imprimé fiscal unique récapitulant les montants à reporter.
Le calcul se complique dans trois situations courantes : les achats étalés sur plusieurs dates, où le prix de revient suit une règle de moyenne pondérée et non le dernier ordre passé ; les titres reçus par donation ou succession, dont la valeur de référence est celle retenue lors de la transmission ; les comptes ouverts chez un courtier étranger, qui ne produit pas d’imprimé fiscal français. Dans ce dernier cas il convient de reconstituer vous-même l’historique et de déposer une déclaration 2074.
Vos moins-values s’imputent avant tout calcul d’impôt
Les moins-values mobilières ne se déduisent jamais de votre revenu global. Elles s’imputent uniquement sur des plus-values de même nature, d’abord celles de l’année, puis celles des dix années suivantes en commençant par les plus anciennes.
Prenons un portefeuille qui dégage 9 000 € de gain sur une ligne et 4 000 € de perte sur une autre la même année. La base imposable n’est pas 9 000 € mais 5 000 €. Beaucoup d’investisseurs oublient de solder une ligne perdante avant le 31 décembre alors que l’opération leur ferait économiser plusieurs centaines d’euros d’impôt immédiat.
Vos moins-values reportables expirent au bout de dix ans. Vérifiez chaque année le stock figurant sur votre avis d'imposition : une perte de 2016 non utilisée était définitivement perdue en 2026.
Quel taux d’imposition en 2026 sur vos gains en actions ?
Le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique, la flat tax. Son taux global est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026, sous l’effet de la loi de financement de la sécurité sociale du 30 décembre 2025 qui a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %. La part impôt sur le revenu, elle, n’a pas bougé.
Vous conservez la possibilité d’opter pour le barème progressif. Cette option ne se prend pas ligne par ligne : elle est globale et emporte l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, dividendes et intérêts compris. Un arbitrage favorable sur vos plus-values peut donc être annulé par son effet sur vos dividendes.
| Composante | Flat tax (défaut) | Option barème (case 2OP) |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon la tranche |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, solidarité 7,5 %) | 18,6 % sur la totalité du gain |
| CSG déductible l’année suivante | aucune | 6,8 % du gain |
| Abattement pour durée de détention | non | oui, titres acquis avant 2018 |
| Portée du choix | ligne par ligne, aucun formalisme | globale, tous revenus mobiliers |
Tous les placements ne sont pas passés à 31,4 %. L'assurance-vie, les PEL et CEL conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %, soit un taux global de 30 %. La hausse vise les compte-titres, les dividendes, les intérêts de comptes à terme et les gains sur actifs numériques.
Pour recalculer rapidement le rendement net de vos autres placements financiers au nouveau taux, notre simulateur de flat tax applique la ventilation 2026 par type de produit.
Flat tax ou barème : le calcul complet sur une plus-value de 6 000 €
Voici le cas d’une salariée célibataire, une part fiscale, 22 000 € de revenu net imposable, qui vend en 2026 des actions achetées en 2021 avec 6 000 € de plus-value nette. Aucun abattement possible : les titres sont postérieurs à 2018.
Calcul avec la flat tax :
- impôt sur le revenu : 6 000 × 12,8 % = 768 €
- prélèvements sociaux : 6 000 × 18,6 % = 1 116 €
- total : 1 884 €, soit 4 116 € nets dans la poche
Calcul avec l’option barème :
- revenu imposable avant vente : 22 000 €, tranche marginale à 11 %
- revenu imposable après vente : 28 000 €, toujours sous le plafond de 29 579 € de la tranche à 11 %
- impôt supplémentaire : 6 000 × 11 % = 660 €
- prélèvements sociaux inchangés : 1 116 €
- CSG déductible générée : 6 000 × 6,8 % = 408 €, déduite du revenu 2027 à 11 %, soit 45 € récupérés
- total : 660 + 1 116 − 45 = 1 731 €, soit 4 269 € nets
L’option barème rapporte 153 €. Modeste mais gratuit.
Le vrai point de bascule n'est pas votre tranche marginale actuelle : c'est le plafond de votre tranche. Dans ce dossier, l'option barème reste gagnante jusqu'à environ 8 750 € de plus-value. Au-delà, la fraction du gain qui déborde dans la tranche à 30 % fait basculer l'arbitrage en faveur de la flat tax. Avec 10 000 € de plus-value au lieu de 6 000 €, le barème coûterait 3 345 € contre 3 140 € en flat tax.
Abattement pour durée de détention : qui y a encore droit ?
L’abattement pour durée de détention survit uniquement pour les titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018 et seulement si vous optez pour le barème. Il réduit la base soumise à l’impôt sur le revenu, jamais celle des prélèvements sociaux, qui restent calculés sur la totalité du gain.
La durée se compte de la date d’acquisition au jour du transfert de propriété. Un régime renforcé existe pour les titres de PME souscrits dans les dix ans de leur création, sous conditions d’activité et de taille.
| Régime | Durée de détention | Taux d’abattement |
|---|---|---|
| Droit commun | 2 ans à moins de 8 ans | 50 % |
| Droit commun | 8 ans et plus | 65 % |
| Renforcé PME | 1 an à moins de 4 ans | 50 % |
| Renforcé PME | 4 ans à moins de 8 ans | 65 % |
| Renforcé PME | 8 ans et plus | 85 % |
Un abattement fixe distinct de 500 000 € existe pour le dirigeant de PME qui cède ses titres en partant à la retraite, porté à 600 000 € pour certaines cessions au profit de jeunes agriculteurs. Il s’applique quel que soit le mode d’imposition, ne se cumule pas avec les abattements proportionnels et laisse là aussi les prélèvements sociaux dus sur le gain brut.
Cas chiffré : un dirigeant qui cède sa SAS 100 000 € de plus-value
Célibataire, une part, 60 000 € de revenu net imposable hors cession. Il cède en 2026 les titres de sa SAS créée en 2016, soit dix ans de détention et un abattement de droit commun de 65 %. La plus-value nette est de 100 000 €.
Flat tax : 100 000 × 31,4 % = 31 400 €.
Barème, étape par étape :
- base imposable à l’IR après abattement : 100 000 × 35 % = 35 000 €
- impôt dû sans la vente, sur 60 000 € : 17 979 × 11 % + 30 421 × 30 % = 11 104 €
- impôt dû avec la vente, sur 95 000 € : 17 979 × 11 % + 54 998 × 30 % + 10 423 × 41 % = 22 751 €
- impôt supplémentaire imputable à la plus-value : 22 751 − 11 104 = 11 647 €
- prélèvements sociaux sur la totalité : 100 000 × 18,6 % = 18 600 €
- CSG déductible : 100 000 × 6,8 % = 6 800 €, déduite en 2027 à 30 %, soit 2 040 € récupérés
- total : 11 647 + 18 600 − 2 040 = 28 207 €
L’option barème économise 3 193 €. À noter que l’abattement de 65 % fait tout : sans lui, le barème coûterait plus de 46 000 €.
Deux erreurs coûteuses circulent dans les guides en ligne. La première consiste à appliquer au barème un taux de 31,4 % présenté comme une tranche marginale : 31,4 % est le taux de la flat tax, il n'existe aucune tranche du barème à ce niveau. La seconde consiste à taxer la plus-value au seul taux de votre tranche actuelle, alors que 35 000 € de base supplémentaire vous poussent souvent dans la tranche au-dessus.
Le tableau ci-dessous donne le taux global réellement supporté, prélèvements sociaux et CSG déductible inclus, à comparer aux 31,4 % de la flat tax.
| Votre TMI | Sans abattement | Abattement 50 % | Abattement 65 % |
|---|---|---|---|
| 0 % | 18,6 % | 18,6 % | 18,6 % |
| 11 % | 28,9 % | 23,4 % | 21,7 % |
| 30 % | 46,6 % | 31,6 % | 27,1 % |
| 41 % | 56,8 % | 36,3 % | 30,2 % |
| 45 % | 60,5 % | 38,0 % | 31,3 % |
Lecture : à 30 % de tranche marginale avec un abattement de 50 %, le barème coûte 31,6 % contre 31,4 % en flat tax. L’écart est nul en pratique, ce qui laisse le critère de l’option globale décider seul.
Au-delà de 250 000 € de revenus, la flat tax ne vous protège plus
C’est l’angle mort des cessions importantes. La contribution différentielle sur les hauts revenus, créée en 2025 et reconduite par la loi de finances pour 2026 pour les revenus 2026 et 2027, garantit un taux minimum d’imposition de 20 % au titre de l’impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle. Elle vise les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple.
Le mécanisme frappe précisément le profil du cédant. Un contribuable qui vit essentiellement de revenus soumis au prélèvement forfaitaire plafonne à 12,8 % d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent au maximum 4 % de contribution exceptionnelle. Le compte n’y est pas : la contribution différentielle réclame le complément pour atteindre 20 %. Environ 16 000 foyers ont été concernés au titre de 2025.
L'abattement pour durée de détention n'est pas retenu dans le calcul du revenu fiscal de référence. Une cession de 400 000 € abattue à 65 % affiche une base imposable de 140 000 € mais un revenu de référence de 400 000 €, suffisant pour déclencher la contribution exceptionnelle et la contribution différentielle.
L’acompte de contribution différentielle dû au titre des revenus 2026 doit être versé entre le 1er et le 15 décembre 2026, à hauteur de 95 % du montant estimé. Une cession réalisée en cours d’année se prépare donc dès l’automne, pas au printemps suivant.
Déclarer sa plus-value : les cases 2OP, 3VG et la nouveauté 2026
Votre gain net se reporte case 3VG de la déclaration 2042 C, une moins-value nette de l’année case 3VH. Si vous demandez un abattement de droit commun, la plus-value se déclare avant abattement en 3VG et l’abattement en 3SG. L’abattement renforcé et l’abattement fixe dirigeant passent par la case 3UA, avec les abattements en 3SL et 3VA. Dès que les opérations sont multiples ou internationales, l’annexe 2074 devient nécessaire.
La case 2OP matérialise l’option pour le barème. Jusqu’ici, une case cochée à tort était définitive une fois le délai de déclaration passé. Changement notable : pour les revenus de 2026 déclarés en 2027 et les années suivantes, vous pourrez renoncer à cette option si elle se révèle finalement défavorable, dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle. La sanction d’une mauvaise coche disparaît, ce qui rend l’option nettement moins risquée à tester.
Notre conseil : cochez la case 2OP dans le simulateur officiel avant de valider votre déclaration, puis décochez-la et comparez les deux montants d'impôt affichés. C'est le seul moyen de mesurer l'effet global de l'option sur l'ensemble de vos revenus mobiliers, dividendes compris.
Questions fréquentes
Voici les points qui reviennent le plus souvent une fois le calcul posé.
Quel est le taux d’imposition d’une plus-value sur actions en 2026 ?
31,4 % par défaut, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le taux était de 30 % jusqu’au 31 décembre 2025, la hausse venant uniquement de la CSG passée de 9,2 % à 10,6 %.
Comment calculer l’abattement pour durée de détention ?
Vérifiez d’abord deux conditions : titres acquis avant le 1er janvier 2018 et option pour le barème. Comptez ensuite la durée entre l’acquisition et le transfert de propriété, puis appliquez 50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà. L’abattement réduit uniquement la base soumise à l’impôt sur le revenu.
Faut-il cocher la case 2OP pour ses plus-values ?
Seulement si le calcul le justifie. L’option est globale et concerne tous vos revenus mobiliers de l’année. Elle est presque toujours gagnante à 0 % et 11 % de tranche marginale sans abattement et à partir de 65 % d’abattement quelle que soit la tranche. Elle est perdante à 30 % et plus sur des titres postérieurs à 2018.
Peut-on reporter une moins-value sur actions ?
Oui, sur dix ans et uniquement sur des plus-values de même nature. L’imputation se fait d’abord sur les gains de l’année, puis sur les reports les plus anciens. Aucune imputation n’est possible sur vos salaires ou vos revenus fonciers.
Le PEA échappe-t-il à la hausse de 2026 ?
Partiellement. Après cinq ans, les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu mais supportent les prélèvements sociaux au taux en vigueur à la sortie, désormais 18,6 %. Un retrait avant cinq ans entraîne l’imposition au taux global de 31,4 % et la clôture du plan.
Comment déclarer une plus-value réalisée chez un courtier étranger ?
Aucun imprimé fiscal unique ne vous sera transmis. Vous devez reconstituer les prix de revient, convertir les opérations en euros à la date de chaque transaction et déposer une déclaration 2074. Pensez également au formulaire 3916 pour le compte lui-même : l’oubli est sanctionné indépendamment de la plus-value.
Pour aller plus loin
Chiffrez votre cas exact, abattement et tranche marginale compris : calculez l’impôt sur votre plus-value mobilière
- Pour mesurer l’effet de l’option barème sur l’ensemble de votre foyer : simulateur d’impôt sur le revenu
- Pour vos gains sur actifs numériques, soumis au même taux de 31,4 % avec des règles de calcul propres : fiscalité des crypto-actifs